dimanche 16 septembre 2018

Lénine et sa légende


Plus le visage embaumé de Lénine jaunit et se parchemine, plus la queue des visiteurs à la porte de son mausolée s’allonge, et moins les gens s’intéressent au véritable personnage et à sa dimension historique. Chaque jour, de nouveaux monuments sont élevés à sa mémoire, des metteurs en scène en font le héros de leurs films, des livres sont écrits à son propos et les pâtissiers russes confectionnent des figurines de pain d’épice à son effigie. Mais les traits flous des Lénine en chocolat égalent bien les histoires inexactes et douteuses qui courent à son sujet. Et bien que l’Institut Lénine publie ses oeuvres complètes, elles ne signifient désormais plus rien en comparaison des légendes fabuleuses qui se sont développées autour de son nom. 

dimanche 26 août 2018

Les grèves

Iran : grève sauvage des ouvriers de l'usine sucrière Haft Tappeh - Février 2018

On distingue dans le mouvement ouvrier deux formes principales de lutte, le plus souvent connues comme le terrain politique et le terrain économique de combat. L’aspect politique se concentrait autour des élections de corps parlementaires ou d’autres corps semblables, l’aspect économique consistait en des grèves pour de meilleurs salaires et conditions de travail. Dans la deuxième moitié du XIX° siècle, les socialistes partagent l’opinion que le premier de ces aspects avait une importance fondamentale et était révolutionnaire, car il instaurait le but de la conquête du pouvoir politique au moyen duquel on révolutionnerait la structure de la société, on abolirait le capitalisme et on introduirait un système socialiste. Le deuxième aspect était seulement un moyen d’obtenir des réformes, de maintenir ou d’améliorer le niveau de vie au sein de capitalisme, ce système étant ainsi reconnu comme la base de la société.

jeudi 12 juillet 2018

L’idéologie marxiste en Russie



« Pour nous, le communisme n’est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses [1]. » - Karl Marx. 


Nous abordons ici l’un des exemples les plus typiques du décalage frappant qui, sous une forme ou sous une autre, s’observe dans toutes les phases du développement historique du marxisme. On peut le définir comme la contradiction entre l’idéologie marxiste et le mouvement historique réel qui, à une époque donnée, se cache derrière cette façade idéologique.

jeudi 10 mai 2018

Stalinisme et bolchevisme


Trotsky prétend qu’en rédigeant sa biographie de Staline (1) il poursuivait un but : montrer « comment une telle personnalité a pu se développer et comment elle a fini par usurper une situation exceptionnelle ». Tel est le but avoué. Mais le but réel est tout autre. Il s’agit de montrer pourquoi Trotsky a perdu la position de force qui était la sienne à un certain moment, alors que c’est lui qui aurait dû être l’héritier de Lénine, étant plus digne de cet héritage que Staline. Ainsi, avant la mort de Lénine, ne disait-on pas communément « Lénine et Trotsky » ? Ne renvoyait-on pas systématiquement le nom de Staline vers la fin, voire même à la dernière place, des listes de dirigeants bolcheviques ? N’a-t-on pas vu, en telle ou telle occasion, Lénine proposer de ne mettre sa signature qu’après celle de Trotsky ? Bref le livre nous permet de comprendre pourquoi Trotsky pensait qu’il était l'« héritier naturel de Lénine ». En fait c’est une double biographie : celle de Staline et de Trotsky.

mercredi 28 février 2018

La théorie générale du droit et le marxisme

Evgeny Pashukanis - La théorie générale du droit et le marxisme

Préface : Karl Korsch
Traduction et présentation actualisée de Jean-Marie Brohm
Collection Réverbération
ISBN : 9791096441068. Prix : 10 euros.
220 pages.
A paraître le 25 Mai 2018.
EDI / Éditions de l’Atelier.
 Le droit, qui enserre toujours plus chaque moment de nos vies et qu’on érige en « ultima ratio » et dernier recours de toutes les luttes sociales, est étrangement rarement critiqué en tant que tel. Dans ce classique du marxisme, considéré jusqu’à aujourd’hui comme la seule véritable critique du droit générée par ce courant de pensée, le théoricien russe, et future victime des purges staliniennes, Evgeny Pashukanis traite les institutions et l’idéologie juridiques comme des phénomènes historiques et, plus généralement, le droit comme un rapport social propre au capitalisme. À rebours des illusions habituelles concernant son intemporalité et sa neutralité, La théorie générale du Droit et le marxisme rappelle que le droit est avant tout un rouage majeur de l’exploitation de l’homme par l’homme.

dimanche 19 novembre 2017

Thèses sur le bolchevisme

I. LA SIGNIFICATION DU BOLCHEVISME

1. Le bolchevisme s’est créé un champ dos de pratique sociale dans l’économie et dans l’Etat soviétiques. Il a fait de la IIIe Internationale un instrument apte a diriger et influencer le mouvement des travailleurs à une échelle internationale. Il a élaboré dans le "léninisme" ses directives en matière de principes et de stratégie. Il reste à savoir si Ia théorie bolchevique exprime, comme I’a dit Staline, Ie marxisme à l’heure de l’impérialisme et si, dans ce cas, elle représente I’axe du mouvement révolutionnaire prolétarien international.

vendredi 20 octobre 2017

L'impérialisme et les tâches du prolétariat

Le déclenchement de la première grande guerre mondiale en 1914 a mis en lumière de façon éclatante deux faits : premièrement, la force gigantesque de l'impérialisme, deuxièmement, la faiblesse du prolétariat, et notamment celle de son avant-garde et de son guide, les partis sociaux-démocrates de presque tous les pays.
L'impérialisme se différencie de l'ancien capitalisme par le fait qu'il cherche à placer sous sa dépendance des parties du monde qui lui sont étrangères afin de trouver de nouveaux marchés pour ses produits, de nouvelles sources de matières premières et, avant tout, de nouvelles zones d'investissement pour ses masses de capitaux surabondantes. Durant la période de prospérité de ces vingt dernières années, les masses de capitaux ont grossi démesurément, et de ce fait, le désir de les investir avec un profit élevé dans les pays non-développés s'est emparé totalement de la bourgeoisie.

mardi 10 octobre 2017

Venezuela : Crise, manifestations, lutte politique inter-bourgeoise et menace de guerre impérialiste


– Le Venezuela est en crise parce que le capitalisme est en crise ; ou plutôt, la crise capitaliste mondiale s’exprime sous une forme dépouillée, brute et scandaleusement visible au Venezuela, non seulement au niveau économique, mais aussi politique, social, idéologique et probablement géopolitique et militaire maintenant et à l’avenir.
– La situation actuelle au Venezuela est une démonstration de l’échec des gouvernements du « socialisme du XXI° siècle » de gérer efficacement la crise capitaliste. Ce qui se passe, c’est que le Capital et sa crise sont ingouvernables : c’est le Capital qui gouverne la société et donc l’État, et non l’inverse. Croire le contraire est naïf, en revanche faire semblant de le faire, c’est du réformisme.

samedi 19 août 2017

Lutte autonome du prolétariat et intervention communiste


L'optique syndicaliste, revendicativiste, défendue par tout ce que le mouvement ouvrier compte d'activistes poussiéreux au service de la logique capitaliste mérite qu'on s'y attarde un peu, afin de régler le compte aux maniaques de l'échelle mobile, mais aussi de renvoyer à la niche tous les inactivistes de profession qui foisonnent dans le milieu ultra-gauche.
Si la lutte pour l'amélioration des conditions salariales a été l'un des facteurs essentiels de la lutte prolétarienne démarrée au XIXe siècle, le cercle vicieux de cet axe de lutte déjà dénoncé par les révolutionnaires est déjà ressenti intuitivement par la masse de la classe ouvrière ... L'amélioration toute relative du "pouvoir d'achat" n'a fait que révéler plus crûment l'aliénation profonde de cette société : consommer plus n'a pas fait de l'ouvrier d'aujourd'hui un être plus émancipé que son arrière grand-père !

jeudi 13 juillet 2017

L’insurrection ouvrière en Allemagne de l’Est – juin 1953


UN MOUVEMENT SPONTANÉ
Il existe une conception assez répandue qu’une révolution prolétarienne ne peut se réaliser qu’à condition qu’on ait créé avant des organisations puissantes et mis à leur tête une direction résolue qui formule des slogans et montre le chemin, C’est seulement une telle organisation et une telle direction qui pourraient stimuler les masses et les amener une résistance réelle. Ainsi, une avant garde politique serait la condition indispensable pour la lutte décisive qui seule peut briser le pouvoir de la classe dirigeante. Dans le passé, cette conception a été détruite pour une bonne part par la réalité historique. L’insurrection ouvrière d’Allemagne de l’Est de 1953 a relégué une fois de plus cette conception au royaume des fables.

jeudi 6 juillet 2017

Action de masse et révolution


L'évolution politique et sociale au cours de ces dernières années a placé toujours plus la question des actions de masse sur le devant de la scène. A partir des enseignements de la Révolution russe, les actions de masse ont été prises en compte en 1905, sur le plan théorique, comme appartenant à l'arsenal de la lutte de classe ; en 1908 et 1910, elles ont, d'un seul coup, pratiquement, fait une entrée en scène grandiose dans le combat pour la réforme du système électoral en Prusse ; et depuis, rejetées, de façon momentanée seulement, à l'arrière-plan par les besoins de la lutte électorale, elles ont été l'objet de débats et de discussions approfondis. Ce n'est pas un hasard. Cela découle, d'une part, de la force croissante du prolétariat et, de l'autre, c'est une conséquence inévitable de la nouvelle figure du capitalisme que nous désignons du terme d'impérialisme.

dimanche 11 juin 2017

Que fut l'autonomie ouvrière ?


Note Vosstanie : Nous publions un texte en vu de notre émission sur l'Autonomie Ouvrière (pour juillet 2017 ? ). On y trouvera une réflexion importante même si nous ne partageons pas toutes les analyses et perspectives comme par exemple ce propos "Le mouvement ouvrier s’est volatilisé" ah bon ? On partage bien su-r toutes les critiques concernant l"autonomie" retardataire et spectaculaire liée à la décomposition du bolchevisme ...Ce texte nous permettra donc d'alimenter notre son.

Le mot « autonomie » a été lié à la cause du prolétariat dès ses premières interventions comme classe. Dans le Manifeste communiste, Marx définissait le mouvement ouvrier comme « le mouvement autonome de l’immense majorité dans l’intérêt de l’immense majorité ». Plus tard, mais en se basant sur l’expérience de 1848, dans De la capacité politique de la classe ouvrière (1865), Proudhon affirmait que pour que la classe ouvrière agisse d’une manière spécifique, il fallait qu’elle remplisse les trois exigences de l’autonomie : qu’elle ait conscience d’elle-même, que par conséquent elle affirme « son idée », c’est-à-dire, qu’elle connaisse « la loi de son être », qu’elle sache « [la] traduire par la parole, [l’]expliquer par la raison », et qu’elle tire de cette idée des conclusions pratiques. Aussi bien Marx que Proudhon avaient été témoins de l’influence de la bourgeoisie radicale dans les rangs ouvriers et essayaient de faire en sorte que le prolétariat se sépare d’elle politiquement. L’autonomie ouvrière fut exprimée définitivement dans la formule de la Première Internationale : « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».

mardi 23 mai 2017

Projets d'embellissements rationnels de la ville de Paris


Les lettristes présents le 26 septembre ont proposé communément les solutions rapportées ici à divers problèmes d'urbanisme soulevés au hasard de la discussion. Ils attirent l'attention sur le fait qu'aucun aspect constructif n'a été envisagé, le déblaiement du terrain paraissant à tous l'affaire la plus urgente.
Ouvrir le métro, la nuit, après la fin du passage des rames. En tenir les couloirs et les voies mal éclairés par de faibles lumières intermittentes.
Par un certain aménagement des échelles de secours, et la création de passerelles là où il en faut, ouvrir les toits de Paris à la promenade.
Laisser les squares ouverts la nuit. Les garder éteints. (Dans quelques cas un faible éclairage constant peut être justifié par des considérations psychogéographiques.)

samedi 25 février 2017

Sail Mohamed, anarchiste Algérien, anticolonialiste.




Sail Mohamed Ameriane ben Amerzaine est né le 14 octobre 1894 à Tarbeit-Beni-Ouglis, en Kabylie.
Comme beaucoup d’Algériens d’alors il fut très peu scolarisé. Chauffeur-mécanicien par nécessité, toute sa vie il fut assoiffé de culture et fit beaucoup d’effort pour s’auto-éduquer. D’une famille berbère musulmane il devint un athée convaincu. Pendant le Première guerre mondiale il fut interné pour insubordination et désertion de l’armée française. Ses sympathies pour l’anarchisme se développaient déjà.
A la fin de la guerre, avec la reconstruction du mouvement anarchiste, il rejoignit l’organisation Union anarchiste (UA). En 1923, avec son ami Sliman Kiouane, un chanteur, il fonda le Comité de Défense des Indigènes Algériens. Dans ses premiers articles il dénonça la pauvreté de la population colonisée et l’exploitation coloniale. Il devint un expert de la situation nord-africaine. Il organisait des réunions en langues Arabe et Française avec les groupes anarchistes du 17ème arrondissement de Paris sur le thème de l’exploitation des nord-africains. Sail créa un groupe anarchiste à Aulnay-sous-Bois et devint un de ses militants les plus impliqués.

dimanche 15 janvier 2017

Parti et classe


Le vieux mouvement ouvrier est organisé en partis. La croyance aux partis est la principale raison de l’impuissance de la classe ouvrière. Nous évitons donc de créer un nouveau parti, non pas parce que nous sommes trop peu nombreux, mais parce qu’un parti est une organisation qui vise à guider et contrôler la classe ouvrière. Au contraire, nous maintenons que la classe ouvrière ne pourra aller à la victoire que quand elle s’attaquera à ses problèmes de manière indépendante et qu’elle décidera de son propre destin. Les travailleurs ne doivent pas suivre aveuglément les slogans des autres, ni même ceux de nos propres groupes ; ils doivent penser, agir et décider par eux-mêmes. Cette conception est en totale contradiction avec la tradition qui voit le parti comme le moyen principal pour éduquer le prolétariat. Il s’ensuit que nous rencontrons beaucoup de résistance et d’opposition à nos idées, même de la part de gens qui rejettent les partis socialiste et communiste. Cela est dû en partie à leurs conceptions traditionnelles ; après avoir vu la lutte de classe comme une lutte de partis, il devient difficile de la considérer comme simplement la lutte de la classe ouvrière, comme une lutte de classe. Mais cette conception se fonde en partie sur l’idée que le parti joue quand même un rôle important et essentiel dans la lutte du prolétariat. Etudions cette idée de plus près.

dimanche 11 décembre 2016

Avis aux civilisés relativement à l’autogestion généralisée


« Ne sacrifiez point le bien présent au bien à venir. Jouissez du moment, évitez toute association de mariage ou d’intérêt qui ne contenterait pas vos passions dès l’instant même. Pourquoi travailleriez-vous pour le bien à venir, puisqu’il surpassera vos vœux, et que vous n’aurez dans l’ordre combiné qu’un seul déplaisir, ce sera de ne pouvoir doubler la longueur des jours, afin de suture au cercle immense des jouissances que vous aurez à parcourir ? »
Charles Fourier, Avis aux civilisés relativement à la prochaine métamorphose sociale.

1

Dans son inachèvement, le mouvement des occupations (1) a vulgarisé de façon confuse la nécessité d’un dépassement. L’imminence d’un bouleversement total, ressentie par tous, doit maintenant découvrir sa pratique : le passage à l’autogestion généralisée par l’instauration des conseils ouvriers. La ligne d’arrivée, où l’élan révolutionnaire a porté la conscience, va désormais devenir une ligne de départ.

2

L’histoire répond aujourd’hui à la question posée par Lloyd George aux travailleurs, et reprise en chœur par les serviteurs du vieux monde : « Vous voulez détruire notre organisation sociale, que mettrez-vous à sa place ? » Nous connaissons la réponse grâce à la profusion de petits Lloyd George, qui défendent la dictature étatique d’un prolétariat de leur choix, et attendent que la classe ouvrière s’organise en conseils pour la dissoudre et en élire une autre.

jeudi 24 novembre 2016

Le rôle du sujet et de l'objet historiques


Dans l'univers réifié, l'individu est écrasé par l'univers économique, fruit de sa propre activité. Cela est, mutatis mutandis, aussi vrai pour le capitaliste que pour l'ouvrier. Cet état d'écrasement de l'homme par une pseudo-réalité presque hallucinatoire est reflété par l'oeuvre de Kafka. La prise de conscience historique de la classe ouvrière (la formation de la conscience de classe) est essentiellement une déréification analogue à la désobjectivation qui caractérise la prise de conscience du malade en cours de psychanalyse. La classe ouvrière ayant, au-delà de l'atomisme réificationnel, retrouvé sa propre totalité comme sujet agissant de l'histoire, retrouve en même temps l'identité sujet-objet (classe révolutionnaire-société). A l'état d'écrasement par des forces obscures succède l'action historique consciente et libre. - J. Gabel.

lundi 21 novembre 2016

Le Maoïsme à travers le petit livre rouge

Par ces notes, nous avons l’intention de contribuer à la démystification parmi nous de ce nouvel « isme » qui se manifeste bruyamment depuis mai 1968, et essayer de faire connaître ce monde si lointain qui participe à l’universalité du système d’oppression et d’exploitation inauguré un demi-siècle plus tôt en Russie sous le drapeau du marxisme-léninisme.
L’attrait exercé par le maoïsme sur les esprits dans les régions à économie essentiellement agricole où les paysans pauvres constituent la majorité des exploités, et sur une fraction agissante de la jeunesse des pays fortement industrialisés, nous semble provenir de deux faits principaux. Issue victorieuse d’une guerre de paysans menée par Mao contre la bourgeoisie et ses seigneurs de guerre puissamment appuyés par les impérialismes ; attitude antiaméricaine du régime de Mao.
Pour les paysans pauvres embrigadés sous la bannière des partis nationalistes, la victoire de Mao semble ouvrir à leurs propres luttes une perspective de succès qui fait naître un espoir comparable à celui qui agita le monde ouvrier au lendemain de la prise du pouvoir par les bolcheviks en 1917. Pour la jeunesse occidentale animée d’un esprit de révolte contre l’écrasement des faibles par les forts, et prisonnière d’un monde capitaliste en crise permanente et sans mouvement ouvrier révolutionnaire. « Mao c’est le chemin, le long chemin de la victoire. » (« La cause du Peuple », 1-8-71).