jeudi 13 juillet 2017

L’insurrection ouvrière en Allemagne de l’Est – juin 1953


UN MOUVEMENT SPONTANÉ
Il existe une conception assez répandue qu’une révolution prolétarienne ne peut se réaliser qu’à condition qu’on ait créé avant des organisations puissantes et mis à leur tête une direction résolue qui formule des slogans et montre le chemin, C’est seulement une telle organisation et une telle direction qui pourraient stimuler les masses et les amener une résistance réelle. Ainsi, une avant garde politique serait la condition indispensable pour la lutte décisive qui seule peut briser le pouvoir de la classe dirigeante. Dans le passé, cette conception a été détruite pour une bonne part par la réalité historique. L’insurrection ouvrière d’Allemagne de l’Est de 1953 a relégué une fois de plus cette conception au royaume des fables.

jeudi 6 juillet 2017

Action de masse et révolution


L'évolution politique et sociale au cours de ces dernières années a placé toujours plus la question des actions de masse sur le devant de la scène. A partir des enseignements de la Révolution russe, les actions de masse ont été prises en compte en 1905, sur le plan théorique, comme appartenant à l'arsenal de la lutte de classe ; en 1908 et 1910, elles ont, d'un seul coup, pratiquement, fait une entrée en scène grandiose dans le combat pour la réforme du système électoral en Prusse ; et depuis, rejetées, de façon momentanée seulement, à l'arrière-plan par les besoins de la lutte électorale, elles ont été l'objet de débats et de discussions approfondis. Ce n'est pas un hasard. Cela découle, d'une part, de la force croissante du prolétariat et, de l'autre, c'est une conséquence inévitable de la nouvelle figure du capitalisme que nous désignons du terme d'impérialisme.

dimanche 11 juin 2017

Que fut l'autonomie ouvrière ?


Note Vosstanie : Nous publions un texte en vu de notre émission sur l'Autonomie Ouvrière (pour juillet 2017 ? ). On y trouvera une réflexion importante même si nous ne partageons pas toutes les analyses et perspectives comme par exemple ce propos "Le mouvement ouvrier s’est volatilisé" ah bon ? On partage bien su-r toutes les critiques concernant l"autonomie" retardataire et spectaculaire liée à la décomposition du bolchevisme ...Ce texte nous permettra donc d'alimenter notre son.

Le mot « autonomie » a été lié à la cause du prolétariat dès ses premières interventions comme classe. Dans le Manifeste communiste, Marx définissait le mouvement ouvrier comme « le mouvement autonome de l’immense majorité dans l’intérêt de l’immense majorité ». Plus tard, mais en se basant sur l’expérience de 1848, dans De la capacité politique de la classe ouvrière (1865), Proudhon affirmait que pour que la classe ouvrière agisse d’une manière spécifique, il fallait qu’elle remplisse les trois exigences de l’autonomie : qu’elle ait conscience d’elle-même, que par conséquent elle affirme « son idée », c’est-à-dire, qu’elle connaisse « la loi de son être », qu’elle sache « [la] traduire par la parole, [l’]expliquer par la raison », et qu’elle tire de cette idée des conclusions pratiques. Aussi bien Marx que Proudhon avaient été témoins de l’influence de la bourgeoisie radicale dans les rangs ouvriers et essayaient de faire en sorte que le prolétariat se sépare d’elle politiquement. L’autonomie ouvrière fut exprimée définitivement dans la formule de la Première Internationale : « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».

mardi 23 mai 2017

Projets d'embellissements rationnels de la ville de Paris


Les lettristes présents le 26 septembre ont proposé communément les solutions rapportées ici à divers problèmes d'urbanisme soulevés au hasard de la discussion. Ils attirent l'attention sur le fait qu'aucun aspect constructif n'a été envisagé, le déblaiement du terrain paraissant à tous l'affaire la plus urgente.
Ouvrir le métro, la nuit, après la fin du passage des rames. En tenir les couloirs et les voies mal éclairés par de faibles lumières intermittentes.
Par un certain aménagement des échelles de secours, et la création de passerelles là où il en faut, ouvrir les toits de Paris à la promenade.
Laisser les squares ouverts la nuit. Les garder éteints. (Dans quelques cas un faible éclairage constant peut être justifié par des considérations psychogéographiques.)

samedi 25 février 2017

Sail Mohamed, anarchiste Algérien, anticolonialiste.




Sail Mohamed Ameriane ben Amerzaine est né le 14 octobre 1894 à Tarbeit-Beni-Ouglis, en Kabylie.
Comme beaucoup d’Algériens d’alors il fut très peu scolarisé. Chauffeur-mécanicien par nécessité, toute sa vie il fut assoiffé de culture et fit beaucoup d’effort pour s’auto-éduquer. D’une famille berbère musulmane il devint un athée convaincu. Pendant le Première guerre mondiale il fut interné pour insubordination et désertion de l’armée française. Ses sympathies pour l’anarchisme se développaient déjà.
A la fin de la guerre, avec la reconstruction du mouvement anarchiste, il rejoignit l’organisation Union anarchiste (UA). En 1923, avec son ami Sliman Kiouane, un chanteur, il fonda le Comité de Défense des Indigènes Algériens. Dans ses premiers articles il dénonça la pauvreté de la population colonisée et l’exploitation coloniale. Il devint un expert de la situation nord-africaine. Il organisait des réunions en langues Arabe et Française avec les groupes anarchistes du 17ème arrondissement de Paris sur le thème de l’exploitation des nord-africains. Sail créa un groupe anarchiste à Aulnay-sous-Bois et devint un de ses militants les plus impliqués.

dimanche 15 janvier 2017

Parti et classe


Le vieux mouvement ouvrier est organisé en partis. La croyance aux partis est la principale raison de l’impuissance de la classe ouvrière. Nous évitons donc de créer un nouveau parti, non pas parce que nous sommes trop peu nombreux, mais parce qu’un parti est une organisation qui vise à guider et contrôler la classe ouvrière. Au contraire, nous maintenons que la classe ouvrière ne pourra aller à la victoire que quand elle s’attaquera à ses problèmes de manière indépendante et qu’elle décidera de son propre destin. Les travailleurs ne doivent pas suivre aveuglément les slogans des autres, ni même ceux de nos propres groupes ; ils doivent penser, agir et décider par eux-mêmes. Cette conception est en totale contradiction avec la tradition qui voit le parti comme le moyen principal pour éduquer le prolétariat. Il s’ensuit que nous rencontrons beaucoup de résistance et d’opposition à nos idées, même de la part de gens qui rejettent les partis socialiste et communiste. Cela est dû en partie à leurs conceptions traditionnelles ; après avoir vu la lutte de classe comme une lutte de partis, il devient difficile de la considérer comme simplement la lutte de la classe ouvrière, comme une lutte de classe. Mais cette conception se fonde en partie sur l’idée que le parti joue quand même un rôle important et essentiel dans la lutte du prolétariat. Etudions cette idée de plus près.

dimanche 11 décembre 2016

Avis aux civilisés relativement à l’autogestion généralisée


« Ne sacrifiez point le bien présent au bien à venir. Jouissez du moment, évitez toute association de mariage ou d’intérêt qui ne contenterait pas vos passions dès l’instant même. Pourquoi travailleriez-vous pour le bien à venir, puisqu’il surpassera vos vœux, et que vous n’aurez dans l’ordre combiné qu’un seul déplaisir, ce sera de ne pouvoir doubler la longueur des jours, afin de suture au cercle immense des jouissances que vous aurez à parcourir ? »
Charles Fourier, Avis aux civilisés relativement à la prochaine métamorphose sociale.

1

Dans son inachèvement, le mouvement des occupations (1) a vulgarisé de façon confuse la nécessité d’un dépassement. L’imminence d’un bouleversement total, ressentie par tous, doit maintenant découvrir sa pratique : le passage à l’autogestion généralisée par l’instauration des conseils ouvriers. La ligne d’arrivée, où l’élan révolutionnaire a porté la conscience, va désormais devenir une ligne de départ.

2

L’histoire répond aujourd’hui à la question posée par Lloyd George aux travailleurs, et reprise en chœur par les serviteurs du vieux monde : « Vous voulez détruire notre organisation sociale, que mettrez-vous à sa place ? » Nous connaissons la réponse grâce à la profusion de petits Lloyd George, qui défendent la dictature étatique d’un prolétariat de leur choix, et attendent que la classe ouvrière s’organise en conseils pour la dissoudre et en élire une autre.

jeudi 24 novembre 2016

Le rôle du sujet et de l'objet historiques


Dans l'univers réifié, l'individu est écrasé par l'univers économique, fruit de sa propre activité. Cela est, mutatis mutandis, aussi vrai pour le capitaliste que pour l'ouvrier. Cet état d'écrasement de l'homme par une pseudo-réalité presque hallucinatoire est reflété par l'oeuvre de Kafka. La prise de conscience historique de la classe ouvrière (la formation de la conscience de classe) est essentiellement une déréification analogue à la désobjectivation qui caractérise la prise de conscience du malade en cours de psychanalyse. La classe ouvrière ayant, au-delà de l'atomisme réificationnel, retrouvé sa propre totalité comme sujet agissant de l'histoire, retrouve en même temps l'identité sujet-objet (classe révolutionnaire-société). A l'état d'écrasement par des forces obscures succède l'action historique consciente et libre. - J. Gabel.

lundi 21 novembre 2016

Le Maoïsme à travers le petit livre rouge

Par ces notes, nous avons l’intention de contribuer à la démystification parmi nous de ce nouvel « isme » qui se manifeste bruyamment depuis mai 1968, et essayer de faire connaître ce monde si lointain qui participe à l’universalité du système d’oppression et d’exploitation inauguré un demi-siècle plus tôt en Russie sous le drapeau du marxisme-léninisme.
L’attrait exercé par le maoïsme sur les esprits dans les régions à économie essentiellement agricole où les paysans pauvres constituent la majorité des exploités, et sur une fraction agissante de la jeunesse des pays fortement industrialisés, nous semble provenir de deux faits principaux. Issue victorieuse d’une guerre de paysans menée par Mao contre la bourgeoisie et ses seigneurs de guerre puissamment appuyés par les impérialismes ; attitude antiaméricaine du régime de Mao.
Pour les paysans pauvres embrigadés sous la bannière des partis nationalistes, la victoire de Mao semble ouvrir à leurs propres luttes une perspective de succès qui fait naître un espoir comparable à celui qui agita le monde ouvrier au lendemain de la prise du pouvoir par les bolcheviks en 1917. Pour la jeunesse occidentale animée d’un esprit de révolte contre l’écrasement des faibles par les forts, et prisonnière d’un monde capitaliste en crise permanente et sans mouvement ouvrier révolutionnaire. « Mao c’est le chemin, le long chemin de la victoire. » (« La cause du Peuple », 1-8-71).

samedi 12 novembre 2016

Les armes de la critique


Introduction
La totalité des textes proposés ci-dessous peuvent être lus en ligne. Il suffit pour cela de cliquer sur le titre. Ils présentent une grande partie de nos positions : l'auto-organisation révolutionnaire  des travailleurs en conseils ouvriers, le lien entre spontanéité et organisation, la critique du parti et de l'avant-gardisme en général, le dépassement radical du syndicalisme mais également une amorce de débat sur la nature fondamentale d'une société communiste, un refus de l'étatisme et du nationalisme. Enfin pour aller plus loin quelques textes terminent cette liste, axés sur une critique de l'anarchisme, du léninisme et de l'expérience soviétique, ainsi que de ses variantes trotskistes ou staliniennes. 

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dimanche 30 octobre 2016

La conscience mystifiée

Dans La conscience mystifiée, publiée en 1936, Henri Lefebvre et Norbert Guterman soumettent à l'analyse l'aspect public de la conscience sociale. Ils démontent les mécanismes qui permettent aux pouvoirs dominateurs d'imposer aux individus des représentations inverses aux réalités. Ainsi peuvent-ils élargir la théorie de l'aliénation de Marx.
Pour eux «fétichisme, aliénation, mystification sont trois termes presque équivalents, trois aspects d'un seul fait».
Ce livre au destin maudit (rejeté à sa publication par le communisme soviétique, proscrit et brûlé plus tard par les nazis) était le premier d'une série devant s'intituler «Science des idéologies». Les deux auteurs y distinguent deux éléments fondamentaux : la conscience sociale et la conscience privée. Mystifiées, ni l?une ni l?autre ne peuvent passer pour critère de vérité. Hier et aujourd'hui séparées, il s'agissait précisément d'en retrouver théoriquement l'unité. 

jeudi 20 octobre 2016

Études sur la personnalité autoritaire

Études sur la personnalité autoritaire - Theodor Adorno
Nouvelles dictatures européennes et Seconde Guerre mondiale Dans la guerre moderne (1939-1945)
 
"L'ignorance des complexités de la société contemporaine provoque un état d'incertitude et d'anxiété générales, qui constitue le terrain idéal pour le type moderne du mouvement de masse réactionnaire. De tels mouvements sont toujours 'populistes' et volontairement anti-intellectuels."
Écrit grâce à l’American Jewish Committee – qui finança une vaste enquête sociologique, Studies in prejudice, destinée à évaluer et comprendre les préjugés raciaux, en particulier l’antisémitisme, dans la société américaine –, cet essai, paru en 1950, constitue la dernière grande œuvre d’Adorno à n’avoir pas été traduite en français.

dimanche 2 octobre 2016

Le maniement des hommes : essai sur la rationalité managériale

Regardons autour de nous. À quoi ressemble notre monde, sinon à un continuum fonctionnel d’appareils, d’organisations et de managers ?
Depuis un siècle, tandis que la critique vilipendait le capitalisme et l’État, la gestion, subrepticement, s’est immiscée partout. Ainsi manageons-nous aujourd’hui les entreprises et leurs salariés, certes, mais aussi les écoles, les hôpitaux, les villes, la nature, les enfants, les émotions, les désirs, etc. La rationalité managériale est devenue le sens commun de nos sociétés et le visage moderne du pouvoir : de moins en moins tributaire de la loi et du capital, le gouvernement des individus est toujours davantage une tâche d’optimisation, d’organisation, de rationalisation et de contrôle.
Ce livre montre comment cette doctrine, forgée il y a cent ans par une poignée d’ingénieurs américains, a pu si rapidement conquérir les consciences, et comment l’entreprise a pris des mains de l’État et de la famille la plupart des tâches nécessaires à notre survie. 

samedi 24 septembre 2016

Abolition des prisons et révolution sociale



En Catalogne, comme dans toutes les révolutions véritables, le premier mouvement va être d'ouvrir les prisons, aux politiques et aux droits communs confondus. Lorsqu’elles se rempliront de nouveau, ce sera un des signes - et non le moindre - des progrès de la contre-révolution. L'appareil répressif -tribunaux, police, prisons, camps, tortures, exécutions, etc. - n'est que l'expression la plus brutale et directe de la hiérarchie des sociétés autoritaires, divisées en dirigeants et exécutants. Hiérarchie et appareil répressif sont indissolublement liés et sanctifiés depuis des siècles par des systèmes de valeur également hiérarchiques.

samedi 17 septembre 2016

Pas au nom de la cause palestinienne !


La Palestine est un symbole majeur de la lutte contre l’injustice sous sa forme impérialiste et colonialiste. Lutter pour la Palestine signifie lutter contre l’injustice, l’apartheid, le colonialisme et l’impérialisme.
La solidarité est cruciale dans la destruction de tout régime impérialiste injuste, elle sert à l’isoler par la voix des masses exigeant qu’il soit dépouillé de toute  légitimité à oppresser.
Il y a néanmoins ceux qui utilisent la cause palestinienne soit pour racheter leur culpabilité ou pour masquer la mascarade de leur propre injustice.

mercredi 14 septembre 2016

Au travail les enfants !

Le système contemporain, par défiance, par cynisme, mais surtout par sa logique propre, bannit l’exubérance de la vie. Son efficacité est fondée sur la reproduction à l’identique de mécanismes exacts et disciplinés. Selon les règles de ce système mortifère, les adultes seraient des êtres voués au travail et les enfants, adultes en devenir, devraient s’adapter le plus rapidement possible à leur futur tout tracé. Dès leur plus jeune âge, les enfants sont assimilés à des consommateurs avec des besoins spécifiques, ou des producteurs de biens à part entière. Mais nous aurions tort de croire que les enfants non travailleurs sont épargnés par l’idéologie du travail. À l’école, à la maison, dans les médias, tout est fait pour qu’ils admettent qu’ils devront plus tard produire de prétendues richesses. Dans ce monde glacé de la Mégamachine, l’enfance est une étape improductive dont il s’agit de réduire au minimum la durée. Ce sont pourtant les enfants qui, par leur exubérance et leur émerveillement devant le monde, nous offrent spontanément une leçon de savoir-vivre. Et de savoir-lutter.

samedi 3 septembre 2016

Colonia : fascisme et démocratie

Rarement le cinéma offre l'occasion d'une critique du monde moderne. Colonia est de cette trempe. On ne va pas s'étendre ici sur la trame narrative du film ni sa qualité cinématographique artistique. Colonia c'est avant tout une pièce de puzzle, un gigantesque puzzle que les révolutionnaires ont la lourde tâche de constituer pour démontrer les leurres du monde capitaliste, et démonter les mythes intrinsèques à la mise en spectacle des fausses dualités de celui-ci. Un de ces mythes est la fausse opposition démocratie/fascisme.

Derrière la dictature chilienne, les démocraties occidentales
A travers l'histoire de Colonia nous nous interrogeons d'une part sur un aspect occulté du film : l'engagement politique nazi de Paul Shaffer, le gourou de la secte Colonia Dignidad. La Colonie, perdue dans la campagne chilienne, camp de concentration et de torture créé à l'instigation d'un ancien nazi perpétuant le sadisme inhérent aux personnalités capables d'un tel engagement politique. Nous sommes dans les années soixante-dix pendant la dictature de Pinochet. Sadisme, fascisme, dictature. Rien d'étonnant. Pourquoi reprocher alors aux autorités chiliennes d'avoir fermer les yeux sur ce camp de sévices, de tortures et d'exploitation ? Les articles et documentaires sur le sujet s'étalant sur le sujet de s'étonner qu'une dictature puisse jouer son rôle de dictature concentrationnaire. Le scandale et-il vraiment là ?
La perpétuation des crimes du camp Colonia c'est avant tout l'histoire des démocraties bourgeoises occidentales, celles que l'on nous presse de protéger, à coup de bulletins électoraux, de ses tendances fascistes.

jeudi 25 août 2016

Nouveau mouvement


[1] Les luttes contre la domination capitaliste qui, sous ses formes modernes et diverses couvre tous les Etats du monde, montrent des tendances nouvelles en rupture totale avec ce qu’elles furent jusqu’au début du XXe siècle.

[2] Le trait commun et essentiel de ces tendances est la prise en mains par ceux qui luttent, par eux-mêmes et pour eux-mêmes, de la totalité de leurs intérêts propres, dans toutes les circonstances de leur vie, dans le domaine de l’action comme dans celui de la pensée.

[3] Les traits de ce que pourrait être une transformation radicale des rapports sociaux se dessinent dans les bouleversements du capitalisme lui-même, dans ses crises et ses tentatives d’adaptation. Ces traits peuvent surgir dans des explosions isolées, et rapidement détruits par les intérêts dominants, ou s’esquisser dans de lents cheminements, plus ou moins endigués par des réformes.

[4] On peut constater plus ou moins dans tous les domaines de l’activité humaine, dans tous les pays, à l’échelle des individus comme de toutes les collectivités dans lesquelles ils sont impliqués. Les luttes sur les lieux mêmes de l’exploitation des hommes par le capital – l’entreprise – reste essentielle ; mais les manifestations de ces tendances trouvent leur expression dans tous les domaines, avec des formes semblables. Les affrontements sociaux s’étendent à tous les secteurs de la vie sociale, montrant que l’autonomie ne saurait être limitée, mais bouleverserait tout.